Aurore — Le mystère de l'enfant martyre
   
 

Le t�moin devra �tre asserment� avant d’�tre entendu

Canada }
PROVINCE DE QU�BEC, }
District de Quebec }

(ASSERMENT�)

En pr�sence du coroner Dr G. Will. Jolicoeur et des jur�s choisis pour faire l’enqu�te sur le cadavre de Aurore Gagnon ag�e de 10 � ans gisant actuellement en Ste Philomene le 13 Fevrier 1920

T�moignage de Dr Alb. Marois medecin de Quebec �g� de 60 ans qui, �tant d�ment asserment� sur les Saints Evangiles, d�pose et dit : J’ai fait ce jour assiste du Dr A Lafond l’autopsie du cadavre qui fait le sujet de cette enquete. Le cadavre est celui d’une fille de dix a onze ans de quatre pieds six pouces de taille. Les muscles sont en rigidit� cadaverique la decomposition n’est pas commenc�e. A l’examen externe on remarque un grand nombre de blessures exterieures, entr’autres � la surface externe du genou droit, grande plaque noir�tre de deux pouces et demi de diametre sur un pouce et demi a un pouce au-dessus, deux ouvertures internes ont toute l’epaisseur de la peau, dont l’une � un demi pouce de diametre et l’autre deux lignes. En pesant sur la surface externe du genou, il sort du pus de ces deux ouvertures. Un pouce plus en arri�re de ces deux derni�res, une autre ouverture qui laisse aussi sortir du pus. A un pouce plus bas de la blessure d�ja d�crite, une autre plaque parchemin�e d’un pouce et demi de diam�tre. A la moiti� sup�rieure de la jambe du meme cote on remarque une blessure [mot illisible] l’epaisseur de la peau de quatre pouces par un pouce et demi. En arri�re dans la partie inf�rieure de la jambe on trouve encor deux autres plaques parchemin�es de deux pouces par un pouce et demi. Sur la surface du pied droit une blessure de deux par un demi pouce interessant toute la peau. Sur le talon droit une plaque parchemin�e noiratre interessant toute la peau de un pouce et quart de diam�tre. A part ces blessures on trouve sur le membre droit sept ou huit autres petites blessures. Au cot� interne du genou droit, une plaque rougeatre de un pouce et demi de long sur trois quarts de large on remarque egalement du meme cote en arriere et � la partie supero interne de la cuisse une blessure de six pouces de long de un demi � un pouce de large.

Cette blessure et d’autres presentant le meme caract�re peuvent avoir ete produites soit par une mise (lam�re) de fouet ou un coups contondant etroit. A.M

Membre gauche. Emaci� et beaucoup plus gros. Au tiers moyen de la cuisse du cot� interne, blessure de deux pouces trois quart de long en voie de cicatrisation et plus en arriere une autre blessure de trois pouces et demi par quatre pouces et demi. En partant de la premiere blessure decrite � gauche, une autre blessure de quatre pouces de long sur une a trois lignes de diametre. Au cote interne du genou une large blessure en voie de cicatrisation. Au cote externe large surface rougeatre en partie gangr�n�e avec ouvertures par lesquelles s’ecoule du liquide [mot illisible] purulent. Au cote externe et un peu en arri�re de la jambe tiers sup�rieure une blessure de quatre pouces et demi de long sur un demi pouce de large, et en voie de cicatrisation. En dessous de la mall�ole externe, la peau est rougeatre et soulev�e par du liquide. Sur la face dorsale du pied la peau est enlev�e dans toute son epaisseur sur une surface de un pouce de long par un demi pouce de large. On remarque aussi sur la cuisse des cicatrices d’anciennes blessures. Sur le bras droit face externe, trois petites blessures dessech�es de un demi pouce de diametre bras [mot illisible] A la partie superieure de l’avant bras plaque ecchymolique. A la face dorsale du poignet quatre blessures de un demi pouce de diametre par une ligne en partie cicatris�e. Sur la surface dorsale de la main, la peau est enlev�e sur une etendue d’un pouce et demi : en voie de cicatrisation. Sur la surface dorsale du petit doigt la peau est enlev�e dans toute son epaisseur. On trouve egalement des ecorchures sur la surface dorsale du medius et de l’index. Le cote interne du coude droit est ecchymos�. Sur le bras gauche, � la partie inferieure de l’avant bras du cote interne et dorsale la peau est [mot illisible] dechiquetee sur une �tendue de trois pouces sur un pouce et demi. Sur le dos, les fesses on remarque huit petites blessures variant de un pouce a deux pouces dans le plus grand diametre et dont quelques unes en voie de cicatrisation. On remarque la paupiere superieure et inferieure droite sont ecchymos�es. Audessus du sourcil droit grande plaque rouge brun�tre, avec depression marqu� audessous. [[marginalia]]Cette depression � d� etre caus�e par un coup direct sur le front par un instrument contondant et que a cause un h�mat�me ci dessous d�crit et qui a d�truit [mot illisible] pericr�ne apres s’etre infect�. A.M.[[/]] Sur le front trois plaques parchemin�es de une ligne sur un demi pouce de largeur. Toute la surface du cuir chevelu est soulev� par du liquide, que l’ouverture de la peau demontre etre du liquide sanguinolent m�lang� de pus. A l’examen interne � l’ouverture du cuir chevelu on remarque l’ecoulement d’un liquide purulent et sanguinolent d’une quantit� d’au moins seize onces. Le pericrane est en partie d�truite. Le cerveau n’offre rien de particulier � mentionner ainsi que le cœur et les poumons. Le foie est volumineux le rein gauche est congestionn�, le droit normal l’estomac demontre � l’ouverture que la muqueuse est retractee forme des plis assez volumineux et est tres congestionne. L’estomac contient � peu pr�s six onces d’un liquide brun�tre. Le gros et le petit intestin ne presentent rien de sp�cial si ce n’est que la premiere partie est plus congestionnee que le reste. La rate, le pancr�as la vessie sont normaux. En faisant une [illisible] de la peau correspondant aux blessures decrites sur les membres inf�rieurs on remarque que la peau est decollee sur une large surface correspondant aux blessures decrites et particuli�rement � gauche o� les traces sousjacents sont verd�tres et recouverts d’un enduit purulent. Cause de la mort : Empoisonnement g�n�ral caus� soit par septic�mie ou autres causes que l’analyse seule des visc�res pourra d�terminer. L’autopsie demontre d’une fa�on evidente que la defunte n’a pas re�u les soins que requerait son �tat.

[mots illisibles]par des coups directs; et non pas de maladies infectieuses. A. M.

Et a signe
Asserment� devant
moi a Ste Philomene
de Fortier ville le
13 Fevrier 1920
A Marois
Dr. G. Will. Jolicoeur
Coroner

Source: ANQ, , TP12, S1, SS26, SSS1, 1960-01-3532344, dossier 33, Cour des sessions de la paix, enqu�te du coroner, greffe de Qu�bec, T�moignage du Dr Albert Marois, enqu�te du coroner sur la mort d'Aurore Gagnon, février 13, 1920, 4.

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